HADÈS Archéologie

Rue Pascal Lafitte

Fiche

Résumé

Le site de la rue Pascal-Lafitte est situé au sud-est de la commune de Dax (Landes), dans une zone encore peu urbanisée de la ville actuelle. Cette fouille préventive, menée en janvier et février 2013, a été motivée par la découverte lors du diagnostic d’un dépôt funéraire : une sépulture à incinération en fosse datée du Second âge du Fer. Le projet de construction d’un bassin qui risquait d’affecter les niveaux archéologiques repérés a conduit le service régional d’archéologie d’Aquitaine à prescrire une fouille sur la surface de ce futur aménagement, soit 3000 m² environ. La modification du projet initial a entraîné une réduction d’emprise d’environ 300 m² au nord.

La fouille de ce site a permis de mettre en évidence des ensembles de structures s’échelonnant du Néolithique final à l’époque médiévale (XVe siècle), dont deux occupations majeures au Premier âge du Fer et au tout début de l’époque romaine.

L’occupation du Néolithique se manifeste par la présence d’une fosse contenant de nombreux petits galets chauffés mêlés à des charbons de bois (fig. 1). En l’absence de mobilier céramique dans le comblement, la datation a été fournie par une mesure radiocarbone. Cet exemplaire, unique sur le site, se place dans un contexte d’établissements qui s’est étoffé ces dernières années, tant au niveau local que régional.

Une occupation funéraire datée de la fin du Premier âge du Fer est marquée par une petite nécropole constituée de quatre sépultures à incinération (fig. 2), situées à proximité les unes des autres. Les ossements ont été déposés dans des urnes en céramique. Leur état de conservation est assez médiocre. Le contenu partiel de trois d’entre elles a néanmoins donné lieu à une étude anthropologique. Cinq fosses charbonneuses datées de la même période ont aussi été retrouvées, mais elles sont disposées de manière plus éparse sur l’ensemble du site. Elles contenaient très peu d’esquilles d’os, mais une grande quantité de charbons de bois ayant donné lieu à une étude anthracologique pour trois d’entre elles.

Six fossés ont pu être datés de l’époque augusto-tibérienne. Les conditions géologiques du terrain semblent avoir motivé le creusement d’un grand fossé, large de plus de 7 m à l’ouverture et profond d’1,40 m. Il était destiné à drainer les eaux de pluie et les remontées de la nappe phréatique vers une zone d’exutoire située à son débouché, dans l’angle sud-ouest du site. Deux autres fossés le bordent ; ils délimitent deux espaces se développant en grande partie à l’extérieur de l’emprise. Cet habitat doit s’étendre principalement à l’ouest de la zone de fouille sur une dizaine d’hectares. D’autres structures, de dimensions plus modestes, ont aussi été mises au jour (fig. 3). Elles ont livré du mobilier à caractère domestique (fig. 4). Quelques scories de fer, retrouvées principalement dans l’un des fossés, sont le témoin d’une activité métallurgique modeste qui a dû être menée à proximité immédiate de l’emprise fouillée.

Entre la fin du Ier siècle ap. J-C. et le XVe siècle, les structures sont très peu nombreuses, et deux fossés de parcellaire parallèles marquent la fin de l’occupation du site. Cette longue période se matérialise en outre par la présence d’une fibule datée du IIIe siècle ap. J.-C. (fig. 5). Elle est faite d’un alliage de cuivre et d’argent, en très bon état de conservation, dont il n’existe que quinze exemplaires connus à l’heure actuelle.

Julien COUSTEAUX