Fiche

Responsable : 
Laura DEYE, Zénaïde LECAT, Cécilia PEDINI
Période de fouille : 
2012, 2016
Localité : 
Arles (Bouches-du-Rhône)
Type d'opération : 
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Période : 
, ,

Résumé

2012

Des projets concernant l’exploitation et la valorisation de l’amphithéâtre d’Arles sont en cours d’étude. Son potentiel archéologique était toutefois mal évalué, empêchant d’avoir une idée claire de leur impact sur le monument. Une étude d’archéologie préventive a donc été prescrite dans le but de mieux l’apprécier.

Cette étude a englobé deux opérations, distinctes, mais complémentaires : une prospection systématique du bâti, et des sondages en plusieurs points du monument. L’examen de ces fenêtres ponctuelles a été complété par la réalisation de prospections électriques et de sondages pénétrométriques.

La prospection du bâti

La mission de prospection générale a consisté à collecter les données archéologiques de chaque structure bâtie de l’édifice afin de mieux appréhender le monument pour de futures opérations de restauration. Ces structures ou entités archéologiques (EA) ont été enregistrées dans une base de données selon un protocole adapté en fonction des différents niveaux du monument et d’un zonage calé sur chaque travée.

Plusieurs champs ont été définis dans le but de prendre en compte pour chaque entité, outre la description, l’état de conservation, les caractéristiques construites, une estimation du pourcentage des restaurations conduites depuis le XIXe siècle.

À ce jour, plus de 4000 entités ont été individualisées : 733 pour le sous-sol, 1477 pour le rez-de-chaussée, 1050 pour l’entresol et 701 pour le premier étage. Les relations chronologiques entre les EA ont également été renseignées, et chacune d’entre elles a été associée à une phase chronologique (Augustéen, Antiquité, transformations antiques et utilisation de l’édifice de spectacle, Antiquité tardive période moderne, restaurations MH). Certaines des EA ont également été documentées par des clichés de terrain (921 photographies).

Parallèlement à la constitution de cette base de données, un SIG (Système d’informations géographiques) a été élaboré à partir des observations de terrain et des plans géomètre des différents niveaux (réalisés par Art Graphique & Patrimoine), dans le but de cartographier et analyser les informations saisies. Il s’agit en effet de constituer une aide précieuse à la décision pour les futurs projets de restauration et de valorisation de l’édifice.

Laura DEYE

Les sondages archéologiques

La piste

Trois sondages y ont été réalisés. Ils ont permis l’observation de niveaux archéologiques peut-être antiques, mais l’emprise était trop faible pour permettre de les caractériser. Le niveau d’altération du substrat calcaire est, au moins par endroits, présent à peu de profondeur.

Les puits perdus

Deux de ces structures (puits perdus 5 et 11) ont été sondées. Les remblais supérieurs ont été versés dans les puits perdus depuis les baies de la galerie intérieure et ce, probablement dès l’Antiquité, afin d’assurer la stabilité de l’édifice. Le fond des puits perdus n’a pu être atteint. des sondages pénétrométriques ont montré leur grande profondeur.

La « tribune ouest »

Ce sondage a montré la présence d’un niveau de circulation prévu probablement dès la construction du monument. Il est en lien direct avec l’escalier montant du sous-sol et permet donc la circulation dans cette cellule présentant apparemment les caractéristiques d’un puits perdu. Les eaux provenant de la bouche d’évacuation devaient être recueillies dans une fosse creusée en contrebas jusqu’à leur infiltration, évaporation ou récupération.

Zénaïde LECAT

 

2016

L’amphithéâtre d’Arles fait l’objet d’un projet d’ouverture au public d’un nouveau circuit de visite dans les galeries souterraines. Pour rendre possible cet aménagement, il est nécessaire de procéder à un décaissement des sols d’environ 50 cm au sein de deux cellules et de part et d’autre d’une baie. Deux sondages ont donc été réalisés dans ces espaces (fig. 1) pour vérifier d’abord la présence de niveaux anciens, de circulation ou d’occupation, celle éventuelle de  seuils, mais aussi de caractériser la nature des remblais.

Les sondages n’ont pas permis d’identifier de niveau d’occupation ou de circulation remontant à l’Antiquité. En revanche, le sondage 1 a livré l’allège de la baie, laquelle est parfaitement synchrone de la maçonnerie qui l’entoure, et remonte par conséquent à l’Antiquité. Compte tenu de la hauteur sous arc de cette baie (1,59 m), elle ne peut être interprétée comme le seuil d’une ouverture sous laquelle on circule. Aussi, on peut envisager, comme déjà supposé à plusieurs reprises, qu’il s’agit d’un espace purement structurel ou destiné au stockage.

Le sondage 2 a permis de mettre au jour la deuxième assise, faite de blocs de grand appareil, du piédroit de l’arc. Aucun niveau de circulation contemporain de cette maçonnerie n’a été mis en évidence. En outre, la hauteur sous arc actuelle est très faible (1,40 m environ) comparativement à la hauteur observée dans le reste de la galerie. Il est donc vraisemblable que cet espace n’était pas non plus destiné à la circulation.

Les autres niveaux sont essentiellement des remblais, parfois potentiellement des niveaux de préparation associés à des chapes, lesquels ne sauraient être antérieurs à l’époque moderne. Aussi, ces niveaux ne présentent pour la plupart aucune caractéristique permettant d’apporter des compléments d’informations sur l’occupation des souterrains. On enregistre néanmoins sept états différents, s’échelonnant de l’époque moderne à nos jours.

La découverte de l’allège de la baie compromet le décaissement sur son emprise, d’une part parce qu’elle appartient pleinement à l’édifice antique, mais aussi parce qu’elle participe de la stabilité de l’édifice, si son rôle est effectivement structurel. Cette découverte devra donc être prise en compte dans le projet d’ouverture au public.

Cécilia PEDINI