Fiche

Responsable : 
Céline Chauveau
Période de fouille : 
du 5 au 16 novembre 2018
Maître d'ouvrage : 
Commune d’Aulnay-de-Saintonge
Localité : 
Aulnay-de-Saintonge,
Type d'opération : 
Période : 

Résumé

La fouille réalisée en 2018 au pied du transept nord de l’église Saint-Pierre d’Aulnay s’inscrit dans le programme de restauration de l’édifice, porté par la commune et mené par l’architecte en chef des Monuments Historiques, Philippe Villeneuve. L’emprise de la fouille couvre une superficie de 20 m², ouverte en amont de la reprise en sous-œuvre du transept. Ces recherches font suite à trois diagnostics menés autour de l’église, deux portant sur la parcelle orientale et un directement sur les abords de l’édifice. Chacun de ces travaux a montré la présence de nombreuses sépultures en sarcophage, coffres de bois ou pierres ou en pleine terre. Si la densité des inhumations est à noter, la datation de l’ensemble restait très vague, entre le VIe et le XII-XIIIe siècle, avec quelques indices sur la fin du Moyen Âge. En parallèle, depuis le XIXe siècle, des stèles funéraires romaines ont été découvertes, indiquant la présence d’une nécropole de cette époque, probablement en lien avec le temple ou le camp militaire situé dans les environs de l’église. La fouille de 2018 livre treize sépultures et trois réductions. Aucune inhumation découverte n’a lieu en sarcophage mais une tombe en coffre de pierre est dégagée, ainsi que plusieurs individus probablement en coffres de bois, calés avec des pierres. Des sépultures en pleine terre sont également identifiées, certaines avec des calages de pierre également. La découverte des sépultures s’est accompagnée d’une étude anthropologique. À l’exception de l’observation du massif de fondation, la fouille n’a pas livré d’éléments sur l’église Saint-Pierre. Cet édifice du XIIe siècle, dont la datation fait débat depuis le XIXe siècle, est connu pour être un chef d’œuvre de l’art roman, classé d’ailleurs au patrimoine mondial de l’Unesco au titre des chemins de Compostelle. Le riche programme sculpté ornant ses portails et ses chapiteaux témoignent de motifs originaux et montre une grande maitrise technique. L’édifice actuel remplace une construction antérieure, mentionnée au XIe siècle. La légère différence d’orientation entre les sépultures observées lors de la fouille et l’église en place pourrait d’ailleurs résulter d’un alignement sur le bâtiment ancien. Bien que de superficie réduite, la fouille du pied du transept nord a permis de distinguer quatre phases d’évolution des abords de l’édifice. Une première phase couvre les inhumations du haut Moyen Âge. Grâce à plusieurs datations radiocarbones, cinq sépultures allant du VIe siècle au début du XIe siècle ont pu être identifiées. Elles confirment l’ancienneté du cimetière, pressentie dans les travaux précédents. L’église Saint-Pierre actuelle est ensuite construite (phase 2), recoupant notamment trois sépultures et une réduction. Aucun niveau funéraire ne peut être associé à cette construction. La datation d’une dernière sépulture de l’époque moderne/début de l’époque contemporaine, installée dans les fondations de l’église, témoigne de la perduration des inhumations autour de l’édifice (phase 3) même si aucun indice issu de la fouille n’a pu nous renseigner sur les pratiques du bas Moyen Âge. La dépose du dallage supérieur installé au XIXe siècle a permis l’observation des pierres tombales utilisées en remploi et renseigne sur l’occupation contemporaine du site (phase 4).