Fiche

Responsable : 
Fabien BLANC
Période de fouille : 
2008
Localité : 
Arles (Bouches-du-Rhône)
Type d'opération : 
Période : 
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Résumé

Dans le cadre de la consolidation/restauration de la chapelle-ermitage Saint-Pierre à Montmajour (fig. 1), l’installation d’étais et de cintres préalablement à tous travaux devait masquer les faces internes de la série d’arcades centrales de l’édifice (fig. 2). Une opération de relevé pierre à pierre et une première analyse de cet élément étaient, par conséquent, nécessaires.

Cette série d’arcades forme une séparation entre deux chapelles orientées, l’une bâtie (au sud) et l’autre troglodyte (au nord). Elle délimite également les quatre travées de la nef méridionale au moyen de quatre arcs. Les arcs des trois premières travées sont identiques en forme et dimensions. Le quatrième offre une ouverture légèrement plus grande pour une hauteur moins importante. Le traitement esthétique est également différent. Pour les trois premiers arcs, chaque pile accueille une colonne composée d’une base attique, d’un fût à astragale et d’un chapiteau historié dont les motifs varient d’une colonne à une autre (fig. 3). Chacune de ces piles est couronnée par un tailloir dont les moulurations sont identiques pour toutes les arcades. Les colonnes sont épaulées par des piliers dont les pierres de taille sont disposées alternativement d’une assise à l’autre en carreau et boutisse. L’ensemble reçoit des arcs en plein cintre formés de douze assises régulières de 16,25 cm. Chacune d’elle est composée de deux voussoirs. La quatrième travée présente un arc formé des mêmes éléments avec toutefois deux assises supplémentaires. Il repose sur deux piliers simples composés comme les précédents, mais sans colonne.

L’ensemble de la structure interne, hormis des restaurations récentes parfaitement identifiables, est synchrone. Le programme général paraît s’être articulé autour du remploi des chapiteaux. En effet, les colonnes reposent directement sur le rocher qui a été creusé afin que la hauteur voulue s’adapte parfaitement aux chapiteaux. Ces derniers ont par ailleurs été légèrement retouchés à leur jonction avec les piliers qui les épaulent. S’agissant de la troisième travée, on peut noter la présence d’un autre remploi, disposé en carreau dans une des piles dont les pierres de taille formant l’assise inférieure ont été retouchées pour s’adapter à cet élément. Au moins un autre remploi, au niveau de la face occidentale de la dernière travée, a été mis en évidence.

Reste la question de la datation de l’ensemble qui, pour le moment, est attribué au XIe siècle, en référence aux sources écrites. Sous la pile orientale de la première travée, un dallage antérieur ou contemporain de la structure originelle devrait permettre de préciser cette datation après fouille. Ce dallage a été restauré postérieurement. Dans sa forme actuelle, il couvre l’ensemble de la chapelle méridionale. A la jonction des deux dallages, un tesson de céramique vernissée, daté du XIXe siècle, permet de préciser la période de restauration.

Fabien BLANC