Fiche

Responsable : 
Julie Viriot
Période de fouille : 
été 2017
Maître d'ouvrage : 
s.a.s. JP André
Localité : 
Clermont-Ferrand
Type d'opération : 
Période : 
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Résumé

La fouille archéologique préventive du site de la Ruedes Gémeaux (lotissement Les Farges) a été réalisée en préalable aux travaux de construction d’un nouveau lotissement entrepris par la société JP André SAS. Elle fait suite à un diagnostic mené en juillet 2016 sous la direction de G. Vernet (INRAP) et s’est déroulée du 26 juin au 28 juillet 2017 sur une surface de 2 200 m2.

Le site est localisé dans la zone du Brezet– à l’est de la ville d’Augustonemetum/ Clermont-Ferrand. Ce secteur est connu depuis de nombreuses années pour concentrer plusieurs occupations protohistoriques de l’Âge du Bronze de grande ampleur. Par ailleurs il s’inscrit dans la plaine du lac de Sarliève – zone humide favorable au développement sur ses rives d’activités agropastorales diverses qui comporte plusieurs petits promontoires naturels privilégiés pour les habitats de cette période à l’instar du Petit Beaulieu par exemple. D’autre part – au cours de l’Antiquité la ville est desservie par un réseau dense d’aménagements viaires et hydrauliques repérés en plusieurs endroits depuis les années 1970 dans ce secteur – qui compte aussi quelques habitats sub-urbains tels que les sites de Gandaillat ou Le Pâtural.

Le site de la rue des Gémeaux livre les vestiges de trois périodes d’occupations distinctes. La plus ancienne correspond à une occupation protohistorique de faible empreinte – constituée de fosses de rejets liées à une occupation plus dense mais dont la localisation exacte n’a pas pu être reconnue. Au regard de la documentation disponible – des données géomorphologiques et du mobilier céramique collecté sur le site – il semble qu’un habitat d’importance moyenne daté de la période du Hallstatt C ait pu se développer à proximité directe de notre emprise – plus au sud – au sommet des pentes. Celui-ci aurait été desservi par un chemin prenant place sous une voie pérennisée durant l’Antiquité.

La seconde phase d’occupation qui paraît s’établir du Ier au IIIe s. de n. è. est caractérisée par deux aménagements majeurs : une galerie drainante et une voie desservant la ville antique. Les deux structures se développent sur toute la longueur de l’emprise selon un axe principal nord-ouest / sud-est. La voie est marquée en partie ouest par un virage qui tend à envisager le raccordement de celle-ci à un axe plus important situé au nord du site – sous l’actuel Boulevard de l’Agriculture.

Enfin deux sépultures isolées ont également été identifiées en bordure sud-est de la voie et datées par le radiocarbone des VIIIe – IXe siècles – attestant d’une occupation très sporadique durant le haut Moyen Âge – avant l’abandon du secteur étudié.

Au cours des périodes modernes et contemporaines – des espaces de jardins et de friches boisées occupent le secteur – révélées par un ensemble de structures fossoyées associables à une gestion parcellaire ainsi que quatre puits alimentant les cultures privées. Le paysage environnant est modifié depuis une vingtaine d’années par la mise en place de quartiers résidentiels suivant le développement de la ville actuelle autour des zones d’activités situées au nord et au sud-ouest.

Malgré la destruction par l’érosion naturelle et agricole des indices fonctionnels comme les sols d’occupation ou le bouleversement du mobilier archéologique en raison des phénomènes hydrologiques – le site offre une vision intéressante de l’occupation du territoire en limite est de la ville et permet de faire le lien avec les occupations identifiées dans ce secteur au cours des deux périodes d’installation majeures. Son extension certaine au-delà de l’emprise de la fouille – notamment sur les parcelles occidentales et orientales pour la voie et l’aqueduc – et sur les reliefs s’étendant au sud pour l’habitat protohistorique supposé – souligne l’intérêt d’une vigilance accrue dans ces zones – occupées depuis les années 1970-1980 par des lotissements et des jardins.