Fiche

Responsable : 
Céline Chauveau
Période de fouille : 
2016-2017
Maître d'ouvrage : 
mairie d’Olonne-sur-Mer
Localité : 
Olonne-sur-Mer (Vendée)
Type d'opération : 
Période : 
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Résumé

L’étude du logis de la Jarrie et la fouille de ses abords s’inscrivent dans le projet de la mairie d’Olonne-sur-Mer, propriétaire des lieux, de transformer ce bâtiment en mairie annexe. La fouille de l’espace au nord-ouest du logis a permis la mise au jour d’une occupation du bas Moyen Âge, caractérisée par la présence de nombreuses canalisations autour du seul bâtiment identifié. Plusieurs fosses et trous de poteaux accompagnent cette occupation, mais leur fonction est restée inconnue. Si cette occupation n’atteste pas d’une présence sur place dès le XIIe siècle, comme la mention d’un Stephanus de Jarria vers 1120 aurait pu l’indiquer, elle indique cependant une installation dont les premiers indicent remontent au XIVe siècle, ce dont les  sources ne  témoignent  pas.  Cette première  occupation  semble abandonnée à la transition entre la fin du XVe et le XVIe siècle. Elle est vraisemblablement due à la construction d’un logis dont témoignent encore aujourd’hui deux ailes en équerre. La construction de ce logis démarre par l’aile nord, flanquée d’une tour au nord-est, à partir des années 1569-1572 puis se poursuit par l’aile ouest, flanquée par une tour au sud- ouest, à partir de 1594. L’aile nord forme un bâtiment à usage domestique tandis que l’aile ouest abrite l’espace résidentiel. La gestion de l’eau reste une problématique présente, car une canalisation est prévue au sein de l’aile ouest. Ces deux ailes sont accompagnées d’une aile au sud, retrouvée lors de la fouille de la cour orientale. Ces éléments nous indiquent donc la construction à la fin du XVIe siècle d’un bâtiment présentant un plan en U, entourant une cour au centre, clôturée à l’est mais qui a pu comporter une entrée de ce côté. La question d’une seconde entrée à l’ouest se pose lors de cette phase de travaux. Il n’est en effet pas avéré que les deux ailes nord et ouest soient jointives à l’origine. La partie centrale de l’aile ouest est fortement transformée en 1660. Cette phase de construction voit aussi la reprise de l’aile sud en une galerie avec pavillon d’angle mais également le réaménagement de l’entrée du côté oriental avec la création de deux bâtiments rectangulaires autour. Ces transformations vont de pair avec la création d’allées dans la cour orientale, desservant les ailes nord et ouest, ainsi que des sols pavés. L’occupation de la Jarrie continue tout au long du XVIIIe siècle, avec la création de plusieurs communs au nord-est du site, accompagnés de canalisations. L’aile ouest du logis est mise au gout du jour, avec le percement de nombreuses baies à la française, et l’adjonction d’un pavillon au sud. Au cours du XIXe siècle, l’aile sud du logis est détruite et un bâtiment plus petit est installé. L’occupation continue autour des bâtiments, avec l’adjonction de certaines canalisations, ainsi que l’aménagement d’allées et de fosses. La Jarrie semble continuellement habitée jusqu’au XXe siècle et les bâtiments sont sans cesse transformés de façon ponctuelle. Le logis va être réquisitionné par les allemands lors de la 2e Guerre Mondiale. La découverte d’une tranchée de défense passive a permis l’étude de cette période et de préciser son impact sur le site.

L’étude et la fouille du logis de la Jarrie ont donc été l’occasion d’observer l’occupation du site du bas Moyen-âge à l’époque contemporaine. Elles ont permis de retracer l’histoire de ce logis moderne, typique des constructions vendéennes de cette époque mais également d’aborder la gestion de l’eau au sein de cet espace et les problématiques contemporaines, liées notamment à l’occupation des lieux pendant la 2e guerre mondiale.