Fiche

Responsable : 
Cecilia Pedini
Période de fouille : 
2018
Maître d'ouvrage : 
Mairie d’Antibes
Localité : 
Antibes (Alpes-Maritimes)
Type d'opération : 
Période : 
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Résumé

Le rempart littoral d’Antibes se trouve sur la bordure orientale du Viel-Antibes, dans les Alpes-Maritimes, en front de mer.  Une étude archéologique du bâti ainsi qu’une vectorisation géo-référencée des pans de la fortification et une synthèse documentaire ont été prescrites par le Service Régional de l’Archéologie au préalable d’un projet de restauration de l’enceinte, laquelle est classée au titre des Monuments Historiques depuis le 23 janvier 1930. Se trouvant en partie sur le tracé des fortifications antiques et médiévales et les travaux projetés pouvant potentiellement altérer l’intégrité et la compréhension de l’édifice (nettoyage, curage et rejointoiement), il est apparu important d’en faire préalablement un enregistrement. Cette intervention a donc consisté notamment en la réalisation d’une étude du bâti de cette section, localisée entre l’ancienne tour « Saint-Jacques » et « la Tourraque », essentiellement réalisée à partir d’ortho-photographies, en raison de la difficulté d’accessibilité de certains pans. Il était également demandé, en plus du phasage des maçonneries, d’en effectuer un diagnostic sanitaire afin d’orienter la restauration en priorité vers les secteurs les plus en danger. Préalablement à ce travail, une synthèse documentaire a été réalisée avec pour objectif de réorganiser et synthétiser l’ensemble de la documentation existante qu’elle soit bibliographique, archivistique ou iconographique.

L’étude archéologique du bâti a permis d’identifier au moins quinze phases de construction échelonnées entre l’Antiquité grecque et nos jours. Néanmoins, sur la quasi-totalité du rempart, il semble s’agir de réparations des parements. Aussi, les dites phases sont plutôt assez resserrées dans le temps et difficiles à réellement distinguer sur la base de photographies. Les liens stratigraphiques restent peu observables. Il sera donc important au moment de la campagne de travaux de compléter les données par des investigations plus poussées, qui pourront peut-être être guidées par les analyses de mortiers. L’état 1 correspond à un lambeau de la fortification grecque qui n’est visible que dans le pan 18 sous forme de blocs de grand appareil assemblés à joints vifs. Le deuxième état, correspondant au rempart du Moyen-Âge classique, n’est visible que dans les pans 21 et 22 qui se trouvent hors du tracé de l’actuelle enceinte. Ils témoignent d’une construction en double parement de moellons de calcaire dur de moyen appareil reliés par un épais blocage.

Les autres états sont essentiellement datés entre le XVIe siècle et le XVIIIe  siècle. C’est en effet à cette époque que de nombreuses reprises de la fortification sont faites. L’observation de ces pans maçonnés a permis de distinguer trois types de maçonneries différentes. La première se compose essentiellement de moellons de calcaire dur de petit et moyen appareil, disposés très resserrés dans des pseudo-assises (Etat 3 -XVIe siècle ?). Dans un état 4, on pourrait ajouter quelques chaînages comportant des restes de culs-de-lampe soutenant initialement des guérites, dont la chronologie pourrait être proche (2e moitié XVIe siècle ?). Le deuxième type de maçonnerie est constitué de moellons de différents matériaux (calcaire dur, matériaux gréseux, calcaire jaune, TCA, etc) de petit et moyen appareil, avec une prédominance d’éléments de petit gabarit, des blocs en remplois (petit et moyen appareil) disposés dans des pseudo-assises, et ponctués d’assises de réglage régulières (Etat 6- travaux sous Vauban 1680- 1690). On observe sur ces maçonneries de nombreux manques de blocs de parement. Enfin, la dernière, bien moins représentée, est composée de moellons de calcaire dur, de petit et moyen appareil, avec une prédominance des petits blocs cubiques, associés à des remplois et disposés dans des pseudo-assises ponctuées d’assises de réglage. Là encore, de nombreux manques sont visibles. En outre, les nombreux manques de pierres de parement sur ces maçonneries ne permettent pas toujours d’observer correctement les liens stratigraphiques qu’elles entretiennent avec les chaînages d’angle. Les diverses réparations, et notamment les rejointoiements et applications d’enduits, compromettent aussi la distinction entre deux phases de construction. C’est le cas assez fréquemment des surélévations. Toutefois, d’une manière générale, il semble, même si certains ont été distingués, que la plupart des parements ont été repris au même moment. De fait, des états ont été crées pour certains travaux, mais il n’est pas exclu qu’ils soient ponctuellement à rattacher à un autre état constructif, ultérieur, concernant une réparation globale. Ainsi, l’état 7 concerne essentiellement une reprise du niveau de surélévation avant que les guérites ne soient condamnées et les culs-de-lampe déplacés (vers 1693-Etat 9), mais après l’insertion des cordons. Certains parapets sont également réparés (état 8) peut-être au cours de la campagne de 1691. Certains chaînages ont également été intégralement refaits à une époque récente, mais ils restent difficiles à recaler précisément (Etat 11- XVIIIe ? XIXe siècle ?). La plupart ont été restaurés avant la réfection des parapets actuels (Etat 12). Les guérites ne sont enlevées que très récemment puisqu’elles apparaissent encore sur certaines photographies du début du XXe siècle (Etat 13). Aucune date ne peut être proposée pour les autres réparations qui consistent essentiellement en des reprises ponctuelles de maçonneries (Etats 14 et 15).

En ce qui concerne les préconisations archéologiques, il paraît important d’effectuer des observations sur les blocages de maçonnerie puisqu’il est peu probable qu’il ait été repris, contrairement aux parements, aussi peut-il conserver quelques traces des chantiers anciens et notamment des différentes campagnes de surélévation qui sont évoquées dans la documentation d’archives. De même, il semble important d’observer l’ancrage des niveaux de cordons, dans les parements mais également, dans les blocages afin d’établir les liens stratigraphiques réels.

Enfin, en ce qui concerne l’évaluation sanitaire, ce sont essentiellement des manques de pierres de parement qui ont été observés. Ils concernent de nombreux pans du rempart littoral.