Fiche

Responsable : 
Céline Chauveau
Période de fouille : 
2016
Maître d'ouvrage : 
Conseil départemental de Loire-Atlantique
Localité : 
Châteaubriant (Loire-Atlantique)
Type d'opération : 
Période : 
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Résumé

En 2012, le conseil départemental de Loire-Atlantique lance une vaste campagne de restauration du donjon, du châtelet, de la tour à archère dite « tour ronde » et du grand logis du château de Châteaubriant. La maitrise d’œuvre de ce projet est portée par Pascal Prunet, architecte en chef des Monuments Historiques. Ces travaux s’accompagnent d’un suivi archéologique prescrit par le service régional de l’Archéologie des Pays de la Loire, consistant en une étude de bâti de tous les édifices concernés et d’une fouille du rez-de-chaussée du donjon et du grand logis, ainsi que de la cave de ce bâtiment. Si la chapelle, certaines parties du château neuf et le front nord du château ont déjà fait l’objet de fouilles archéologiques avant 2012, le donjon, le grand logis, la tour ronde et le châtelet n’ont pas encore été étudiés. Cette importante restauration est donc l’occasion de réaliser une étude détaillée. L’ensemble étant échafaudé dans son intégralité, l’étude archéologique est étalée sur 4 ans, entre septembre 2012 et août 2016.

Dans le cadre de l’évolution du programme de travaux, une seconde prescription est émise en 2014 portant sur la fouille de l’espace dit « salle basse », et sur le suivi des tranchées de réseaux localisées dans les deux cours du château. L’étude des précédents bâtiments a été détaillée dans un premier rapport en 2018. La fouille de la salle basse et le suivi des réseaux fait donc l’objet du présent rapport. Les données viennent compléter celles du rapport précédent, en analysant cet espace pivot situé entre le grand logis et le donjon.

Neuf phases de construction ont pu être identifiées, complétant celles déterminées pour le donjon, le grand logis et le châtelet.

Un niveau de schiste détritique observé sur 2 m d’épaisseur minimum témoigne de la première phase de la salle basse. Il sert d’appui à toutes les constructions de cet espace,  et au côté nord du grand logis. Au milieu de la salle, il présente un pendage vers l’ouest, indiquant ce qui semble être le départ d’un fossé primitif. Ce remblai pourrait s’apparenter à une motte. Une maçonnerie témoignant de la présence d’une escarpe est installée contre la pente. À la base du mur nord de la salle basse se trouve une seconde maçonnerie chainée avec cette escarpe et indiquant une vraisemblable clôture de ce fossé. Cette portion de mur est ensuite recouverte par une seconde maçonnerie (phase 2), qui pourrait avoir fonctionné avec le premier état du donjon et matérialisé une portion de courtine du côté nord. Une troisième maçonnerie observée à la base du mur oriental de la salle basse (correspondant au donjon) témoigne d’une troisième phase de travaux. Elle correspond vraisemblablement à la base du premier donjon trapézoïdal. Le donjon est ensuite repris et rehaussé. Cette campagne se matérialise par la construction d’une courtine reliant la chapelle au donjon et formant la maçonnerie principale du mur nord de la salle basse (phase 4). Le mur oriental de la salle est ensuite transformé en partie basse, avec l’ajout d’une porte permettant l’accès au donjon (phase 5). L’espace dans sa forme actuel est ensuite crée par l’installation des murs sud et ouest (phase 6). L’ensemble forme un corps de logis situé au pied du donjon, en équerre avec le grand logis. Ce nouveau bâtiment présente un niveau ouvrant devant la chapelle, installé contre la pente de la motte antérieure. La campagne de travaux initiée à la fin du XVe siècle après le siège du château voit l’insertion de deux baies au nord et au sud de la salle basse, ainsi que l’insertion de corbeaux soutenant les planchers à l’est et le cloisonnement avec un nouveau logis, dit petit logis, à l’ouest (phase 7). Les transformations continuent ensuite tout au long du XVIe siècle et à l’époque moderne (phase 8) avec le percement de nouvelles ouvertures au nord et des changements dans les circulations et le cloisonnement avec les bâtiments environnants. Des lambeaux de sol observés lors de la fouille témoignent également de l’occupation continue de cet espace. La salle basse se retrouve finalement à ciel ouvert à l’époque contemporaine (phase 9) et plusieurs appentis sont installés à l’intérieur. Cet espace continue à permettre la circulation avec le donjon.