Fiche

Responsable : 
Mylène NAVETAT
Période de fouille : 
2009
Localité : 
Le Puy-en-Velay (Haute-Loire)
Type d'opération : 
Période : 
,

Résumé

L’opération de fouilles préventives de l’Hôtel-Dieu du Puy-en-Velay, qui s’est déroulée au cours des mois de septembre octobre 2007, fait suite à une prescription du service régional de l’Archéologie. Cette prescription a été délivrée en vue de la restauration du bâtiment, préalable à sa transformation en centre culturel.

L’étude archivistique met en évidence la fondation de l’Hôtel-Dieu au XIIe siècle.

Cet édifice est destiné à l’accueil des pauvres et des pèlerins. Situé au nord du porche de la cathédrale et à l’ouest du bâtiment dit « aux mâchicoulis », son existence était liée au pèlerinage qui se pratiquait alors au Puy-en-Velay.

La fonction du bâtiment va évoluer au cours des siècles, l’édifice accueillant progressivement les enfants abandonnés, les malades, les soldats. Ces nouvelles attributions entraînent des modifications successives des bâtiments, qui vont s’agrandir jusqu’au début du XXe siècle. L’Hôtel-Dieu se compose actuellement de quatre bâtiments principaux disposés en U : l’aile ouest, construite au XIXe siècle, où se situe la pharmacie ; l’aile nord, avec les cuisines, reliée au niveau supérieur par une coupole du XVIIe siècle à l’aile est, ancienne salle des malades transformée en chapelle au XIXe siècle ; enfin, située entre cette dernière et le bâtiment « aux mâchicoulis », la chapelle du Saint-Esprit.

L’ensemble a déjà fait l’objet d’un diagnostic effectué par l’INRAP en 1999. Les travaux de la cour de plaisance réalisés en 2001 ont complété les connaissances de la partie nord de la salle des malades.

La campagne de l’année 2007 a été menée sur une durée de deux mois, par une équipe de dix archéologues. Elle a consisté en deux études : des sondages archéologiques dans trois zones, une étude de bâti sur l’intégralité des élévations.

Les sondages menés dans la chaufferie ont permis de mettre au jour des éléments d’une ancienne salle des malades qui pourrait remonter au XIIe siècle. D’autres maçonneries témoignant de la même élévation ont été découvertes dans la première travée de la salle des malades. Pour cette période, l’analyse archéologique du bâti a mis en évidence l’existence d’un mur sous la façade ouest de la chapelle du Saint Esprit qui pourrait témoigner d’un premier édifice religieux. Ces différents éléments permettent d’éclairer la configuration de l’Hôtel-Dieu pour le XIIe siècle. Pour la fin du Moyen Âge, c’est surtout la reconstruction de la chapelle et la réalisation de son décor peint qui marquent l’ensemble architectural qui nous est parvenu, ainsi que la mise en place des cuves dans la salle basse du bâtiment aux mâchicoulis.

L’époque moderne est quant à elle marquée par de grandes modifications de l’espace. Au XVIIe siècle, la salle des malades primitive est surélevée d’un étage afin de construire un espace plus sain pour accueillir les personnes, le niveau inférieur étant abandonné. Une seconde aile est adjointe au bâtiment, conférant au complexe une forme de L. Les fouilles réalisées le long du mur gouttereau est de la salle des malades ainsi que dans la cour située entre la façade nord de la chapelle Saint Esprit et le bâtiment aux mâchicoulis ont mis au jour des aménagements d’époque médiévale et moderne liés au stockage de l’eau. La fouille intégrale de la chapelle Saint Esprit a dégagé sept caveaux ainsi que quatre sépultures individuelles. La vocation de chapelle sépulcrale apparaît d’ailleurs dans les textes du XVe au XVIIIe siècle. Les données taphonomiques nous ont permis de distinguer deux modes d’inhumation, des sépultures primaires et secondaires. L’étude anthropologique a permis de mettre en évidence l’existence de deux caveaux exclusivement masculin et féminin, tandis que les autres structures ne présentent aucune sélection en ce qui concerne l’âge ou encore le sexe.

Les agrandissements se poursuivent au XVIIIe siècle avec la construction d’un dôme auquel une nouvelle salle est accolée afin de pouvoir accueillir les militaires. Les derniers grands changements interviennent dans le courant du XIXe siècle avec la transformation de l’ancienne salle des malades en chapelle néogothique et la séparation de la chapelle Saint Esprit en deux parties. La salle nord sert de sacristie au nouvel édifice religieux, tandis que la salle sud, comprenant deux travées sert d’espace de stockage. Une nouvelle aile est ajoutée au nord du complexe, lui conférant la forme de U que nous pouvons encore observer aujourd’hui.

L’Hôtel Dieu du Puy en Velay a donc connu une utilisation sur huit siècles, entrainant de nombreuses modifications, qui s’adaptent aux grands changements des hôpitaux du territoire. Il est abandonné en 1933, au profit d’un nouvel établissement installé en bas de la butte, le long de la route qui va de Clermont-Ferrand au Puy-en-Velay.

Mylène NAVETAT