Fiche

Responsable : 
Éric DELLONG
Période de fouille : 
2011
Localité : 
Nîmes (Gard)
Type d'opération : 
Période : 
,

Résumé

Dans le cadre de l’aménagement du cadereau d’Alès dans sa partie urbaine, le service régional de l’Archéologie (DRAC de Languedoc-Roussillon) a prescrit la réalisation de trois fouilles archéologiques préventives réparties le long de l’avenue Georges Pompidou, entre la rue de l’Abattoir et la rue du Mail, au niveau de la rue Montaury et du chemin Vieux de Sauve, à Nîmes.

La fouille du secteur 1 a été réalisée par Hadès. Ce secteur se trouve à la limite sud-ouest de la ville antique de Nîmes, dans un secteur situé au cœur du cadereau de Nîmes-Alès.

L’actuelle avenue Georges Pompidou emprunte un cours d’eau intermittent, visible encore sur les plans du XIXe siècle et recouvert par la suite dans les années 1950, période à laquelle s’effectue le drainage de ce cours d’eau dénommé « Cadereau d’Alès Camplanier ». Ce cadereau était profond de 2 à 3 mètres et présentait un profil concave, avec un fond « pierreux » et des berges érodées envahies par la végétation. Il mesurait, d’après le cadastre du XIXe siècle et le plan Danger de 1948, 20 à 25 mètres de largeur en moyenne (Monteil 1999, p. 298). Bien évidemment, du fait de son caractère intermittent et de l’activité humaine qui en a entrepris la régularisation précoce et progressive, son tracé apparaît des plus fluctuants. La surveillance archéologique des terrassements a débuté le 16 août 2011 et s’est achevée le 10 septembre 2011. Elle consistait à analyser, dans ce contexte périurbain de la ville antique traversé par la voie domitienne, les vestiges subsistants d’un ouvrage de franchissement du rempart antique, sur le cadereau, ainsi que ses éventuels aménagements annexes (fig. 1*).

M. Monteil (1999, fig. 292, p. 350 ; p. 357) propose de restituer ce tracé entre les PM 50 et 60 de la tranchée (fig. 2*). Cette restitution s’appuie sur la présence, rive gauche, de la tour de la Porte du Cadereau mise au jour en 1990 (le départ de la courtine n’a pas été reconnu) et la présence, probable mais non avérée, d’une tour située rive droite. Le franchissement supposé aurait pu se faire sous la forme d’arceaux posés sur un radier et dotés de probables grilles comme ceux observés à la porte des Eaux, au débouché de la rue des Greffes au point le plus bas de la ville antique. Il s’agissait de deux arches de 4 m d’ouverture séparées par une pile avec avant bec (Varène 1992, p. 38 40 ; Monteil 1999, p. 88). D’une manière générale, le décapage a permis une bonne lisibilité de la coupe nord-ouest de la tranchée, la seule visible, tous les 5 à 6 mètres, avec une progression journalière très inégale. Aucun vestige archéologique n’a été mis au jour sur la zone concernée par le terrassement, ce qui ne veut pas dire qu’un ouvrage de franchissement n’ait jamais existé. En effet, cette absence s’explique en raison d’une purge des couches scellant le substrat au moment de la pose de la conduite bétonnée dans les années 1950 (fig. 3 et 4a-b**). Le lit du cadereau n’a donc pu être observé mais seulement le substrat sous-jacent (fig. 5).

Éric DELLONG

Monteil 1999 : MONTEIL (M.). — Nîmes antique et sa proche campagne, Monographies d’Archéologie Médi­terranéenne. Lattes, 3, 1999. 528 p.
Varène 1992 : VARENE (P.). — L’enceinte gallo-romaine de Nîmes, les murs et les tours. Paris : CNRS, 1992. 179 p.

* DAO E. Dellong, fonds de carte Monteil, 1999.
** Clichés aimablement communiqués par le service pluvial de la Ville de Nîmes.